L’objectif de la nouvelle ordonnance du 18 décembre 2008 est d’inciter à l’utilisation des Nouvelles procédures (conciliation, sauvegarde) mises en place en 2005 par la loi de sauvegarde des entreprises en difficultés (loi du 26 juillet 2005).
Parmi les plus de 170 articles de l’ordonnance, les principales mesures visent à :
Un dispositif soucieux de laisser le chef d’entreprise autonome dans la direction de l’entreprise
Le mandat ad hoc et la conciliation maintiennent le chef d’entreprise au centre du dispositif. La procédure de sauvegarde pouvait conduire le chef d’entreprise à être déposséder de son pouvoir de direction voire de ses actions ou parts sociales. L’ordonnance renforce les pouvoirs du dirigeant dans l’administration et la réorganisation de son entreprise.
Mandat ad hoc :
Le débiteur [le chef d’entreprise] peut désormais proposer le nom d’un mandataire ad hoc au président du Tribunal (L. 611-3 du code commerce).
Sauvegarde :
Une amélioration de la conciliation
La conciliation vise à la négociation avec des créanciers choisis, susceptible d’aboutir à un accord amiable sous le contrôle judiciaire du tribunal. Cette faculté est également ouverte aux chefs d’entreprise en état de cessation des paiements (pas plus de 45 jours). En raison de sa possible confidentialité, la conciliation a la préférence des chefs d’entreprise. L’ordonnance vient d’ailleurs d’en renforcer sa valeur juridique.
Une volonté d’assouplir les critères d’ouverture de la sauvegarde
Le chef d’entreprise n’a plus à prouver que ses difficultés sont de nature à le conduire à l’état de cessation des paiements. Il doit simplement justifier « de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter » (art. L. 620-1 c.com.).
Des critères de l’état de cessation des paiements précisés:
La définition pragmatique de la Cour de cassation vient d’être consacrée par le législateur.
En effet, la définition de l’état de cessation de paiement est modifiée afin de préciser que n’est pas en état de cessation des paiements « le débiteur qui établit que les réserves de crédit ou les moratoires dont il bénéficie de la part de ses créanciers lui permettent de faire face au passif exigible avec son actif disponible ». (art. L.631-1 al. 1er).
Des règles de fonctionnements des comités de créanciers clarifiées :
Les comités sont ouverts à un plus grand nombre de créanciers et les dernières dispositions visent à favoriser l’adoption d’un plan de sauvegarde. Par ailleurs, l’ordonnance tient compte du marché de circulation des créances en reconnaissant la participation des nouveaux acquéreurs de créances de l’entreprise.
Sur la composition des comités :
Sur le fonctionnement des comités :
Sort des créances non déclarées
« Les créances non déclarées sont inopposables » (art. L. 622-26 c. com.)
Les cautions et les garants personnes physiques bénéficient de cette inopposabilité pendant la durée du plan de sauvegarde (L. 622-26 c.com).
Sort des contrats en cours
Le régime des contrats en cours existant dans le cadre de la sauvegarde et du redressement judiciaire s’applique désormais à la liquidation judiciaire (art. L. 641-11-1 et L. 641-12 c.com.).
Une simplification de la procédure de liquidation judiciaire
La liquidation judiciaire devient :
Pour la liquidation immédiate et obligatoire, il n’est désormais plus nécessaire de faire dresser par le tribunal la liste des biens pouvant faire l’objet d’une vente de gré à gré. Le liquidateur a toute liberté pour céder les actifs dans les 3 mois suivant le jugement de liquidation judiciaire (art. L. 644-2 al.1 c. com.).
Conditions d’application du texte :
L’ordonnance est entrée en vigueur le 15 février dernier. Conformément aux règles de d’application des textes, elle ne s’appliquera qu’aux procédures ouvertes à compter de cette date.
Trois dispositions sont cependant d’application immédiate :
Pour aller plus loin : Vous pouvez consulter le rapport au Président de la République publié au journal officiel avec l’ordonnance du 18 décembre 2008 (JO du 19 déc. 2008) en cliquant sur le lien suivant : législation
Contact: Armelle Popot - 02 38 77 89 08 - armelle.popot@loiret.cci.fr
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